Dans son allocution du 15 août 2024, s’adressant aux jeunes, le chef du régime criminel de Brazzaville a évoqué la responsabilité en bilan intermédiaire de l’année de la jeunesse en ces termes : “Aux jeunes générations, leur RESPONSABILITÉ les appelle à l’humilité, cette vertu qui devrait leur permettre d’apprendre pour hériter de l’expérience des anciens, de faire montre de beaucoup de courage, d’être entreprenants, de saisir toutes les opportunités d’emploi disponibles, d’éviter les raccourcis de la facilité et de l’impatience, de s’élever par l’effort.”, fin de citation.
Cette litanie dissimule une dichotomie cognitive que nous nous employons de décoder pour la compréhension de ce message subliminal, avant d’énumérer les réelles responsabilités et de qui elles dépendent.
Dans l’ordre, décryptons ce message où le mot responsabilité apparaît en lettres capitales.
1. Leur RESPONSABILITÉ les appelle à l’humilité.
Cette assertion signifie que les jeunes sont responsables individuellement de leur situation du moment. L’humilité dont il parle, sous-entend la fin du bling-bling de ce régime qui tire le diable par la queue à l’image de sa cérémonie festive enfarinée par l’exposition de boulangerie dans un défilé militaire. C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Sassou-Nguesso appelle à l’humilité, lui qui affiche une opulence insolente à l’égard du peuple plongé dans la misère et gouverné par la terreur, dont les bébés noirs lui permettent d’apparaître comme le recours aux problèmes dans la pure tradition du pompier pyromane.
2. Cette vertu devrait leur permettre d’apprendre pour hériter de l’expérience des anciens.
La responsabilité est un terme juridique qui renvoie d’une part, à l’obligation de réparer le dommage que l’on a causé par sa faute, dans certains cas déterminés par la loi. D’autre part, elle renvoie à la charge qui incombe à une personne civile ou morale qui relève de son pouvoir, de son contrôle ou de sa gestion. En aucun cas, la responsabilité n’est une vertu, car la vertu est un état d’esprit relatif au comportement ou à la morale. La dualité de cette expression met en exergue le préjudice matériel ou moral qui découlerait du défaut d’assumer une responsabilité. En l’occurrence, l’autorité du pouvoir de Brazzaville se décharge de son obligation de donner aux jeunes les moyens de se projeter dans la vie. Tout d’abord, apprendre nécessite de disposer des outils matériels et/ou pédagogiques. Chacun sait que les conditions d’éducation sont misérables dans le pays. Et l’expérience des anciens est une cohorte d’anti-valeurs dont les plus visibles sont la corruption, le crime économique et humain massif, la dépravation des mœurs véhiculé par la fraternité franc-maçonique et la culture d’Oloma-niama transposée au sommet de l’Etat. En clair, les anciens du PCT auxquels les jeunes peuvent se référer sont des contre modèles en termes de moralité et de pratiques en tous genres.
Mais l’ambivalence du discours de Sassou-Nguesso est particulièrement le message subliminal de son propos. L’héritage dont il parle est le leg à sa propre famille, élargie aux rejetons de ses dignitaires du régime. Pareil cynisme est sans précédent et sans égal dans notre pays. Il laisse désemparée une jeunesse qui croyait à la promesse qu’enfin il pouvait espérer. Mais entre l’espoir et la réalité, il y a l’ingratitude patriotique de ce régime.
3. Faire montre de beaucoup de courage, d’être entreprenants, de saisir toutes les opportunités d’emploi disponibles, d’éviter les raccourcis de la facilité et de l’impatience, de s’élever par l’effort.
Autant de coups de massue violents qu’un cerveau juvénile ne peut encaisser. Le traumatisme qui en découle, sans cellules psychologiques pour le soigner, reflète l’inconscience d’un homme incompétent jusqu’à l’os, insouciant du désastre qu’il crée volontairement. De qui se moque-t-on ?
Sassou-Nguesso est incapable de fournir la moindre statistique sur d’éventuels emplois qui seraient des opportunités à saisir. Il se contente d’un discours creux et lapidaire comme écran de fumée. Sa perfidie n’a pas de limite.
Les raccourcis de la facilité à éviter, auxquels il exhorte la jeunesse, témoigne du tarissement progressif de la source qui alimente la mendicité, résultat de la fragilisation et la vassalisation de la société. Il n’y a aucune rationalité dans son propos. Le préfinancement comme facilité budgétaire, voilà un raccourci à éviter.
L’impatience à éviter est une dose homéopathique de léthargie qu’il cherche à inoculer à la jeunesse. En réponse à ce charlatanisme d’un autre âge, nous demandons à la jeunesse de s’insurger par des actions de mobilisation continue jusqu’à la chute de ce régime anti républicain. C’est ce courage salutaire qu’il faut afficher, non celui de la résignation, distillé dans son discours lunaire. N’est-ce pas culotté de demander de la patience après plus de 40 ans de règne ? Le bon sens voudrait que ce soit Sassou-Nguesso qui ait l’impatience de partir.
Enfin, s’élever par l’effort est une injure faite à l’endroit d’une jeunesse abattue par des vaines promesses et livrée à elle-même. Sans structure d’accompagnement, sans accès au crédit, dépourvue de financement ni de bourse d’études, des cursus d’études tronqués à l’étranger à cause des bourses et des frais de scolarité impayés, de quel effort parle monsieur Sassou ? Lui qui incite les jeunes aux loisirs coûteux et sans intérêt, le point culminant de son divertissement au boulevard Alfred Raoul, a-t-il indiqué aux jeunes comment s’y prendre et les atouts à leur disposition ? Non, monsieur Sassou. L’élévation sociale est un cheminement à partir des infrastructures sociales de base. Dans un de ses interviews, il a avoué qu’il avait décidé de détruire tout le système éducatif qui avait atteint une performance de 100%. C’était les années 80. Revenu au pouvoir par coup d’Etat sanglant, conscient du désastre social de sa décision antérieure, il a institué le diversement abrutissant pour se défiler de sa responsabilité. L’irresponsabilité poussée à l’extrême l’amène à prononcer de telles inepties.
Nul doute que les Congolais apprécieraient l’effort du fils qui selon certaines sources nourrit des projets de parricide. Tel père, tel fils. Le milieu familial est sans conteste l’espace indiqué pour apprendre les agissements des anciens. Nous invitons son fils à s’armer de courage.
En définitive, monsieur Sassou est une calamité de l’espace Bantu qui vit dans un monde virtuel où ses fantasmes sont pris pour des réalités. À l’inverse de la responsabilité exigée aux jeunes, c’est l’irresponsabilité criarde de ce régime qui mérite d’être pointé du doigt. Ses partisans qui bercent ces temps-ci dans l’excuse du style “lui serait bon, mais ce sont des conseillers et ministres qui seraient incompétents” sont tout autant irresponsables et médiocres que lui.
Fait à Paris, le 22 août 2024
NE-MPHUMU Madisu-Ma-Bimangu


