Félicien Wilfried DIABELO KIVOUVOU
Président de la Conscience Libre
– Mouvement Politique –
Email: [email protected]
RC _/ Brazzaville
LETTRE OUVERTE
A
Monsieur Denis Sassou Nguesso
Président de la République du Congo
Palais de la Nation – Plateau–Ville./
– Brazzaville –
Monsieur le Président,
Il y a une douzaine d’années, j’attirais votre attention sur ce qui
n’était encore qu’un présage, la secrète et irrépressible envie de vous
situer orgueilleusement, en dehors du temps « démocratique » et à contre–
courant de la dynamique de l’histoire. Ce fut en substance le sens de
ma démarche, par cette lettre que je vous adressais alors.
Non sans mal, car il aura fallu y sacrifier son lot de douleurs, de
blessés et de morts pour que passe la pilule, vous êtes parvenu à vos
fins. Et vous voilà comme vous le vouliez, toujours au sommet de notre
hiérarchie à présider, pour la énième année, aux destinées d’un pays qui
n’en demandait pas tant.
A croire que, pour assouvir votre caprice jupitérien, la providence ne
vous refuse rien, jusqu’aux pires sacrifices.
L’on se souviendra bien longtemps que pour faire le lit d’un tel
désastre, vous ayez eu besoin de déployer tant de farouches expédients
: propagande politicienne, rétorsion du droit, usage illégal et
disproportionné de la force, stigmatisation, traque des voix dissonantes
; toutes ces exactions, dans le seul et unique but de changer pour votre
confort, une constitution qui vous interdisait de briguer un nouveau
mandat.
Ceci est du passé, allons–nous concéder !
Notre pays continue de s’abîmer, d’agoniser lentement sous votre férule.
Le bilan de votre action publique est si mauvais que l’on s’étonne face
aux défis de l’heure, devant le péril de la situation qui nous pend au
nez, que la même énergie, les moyens et l’extraordinaire volonté
herculéenne de puissance d’autrefois peine à refaire surface.
Monsieur le Président,
Il vous conviendra que la santé et la vie quotidienne de la population
sont les seuls véritables indicateurs d’une action publique. La
population du Congo, le pays dont vous êtes le Chef, manque de tout.
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Elle étouffe, elle doute, s’interroge, meurt en silence. Une partie, non
moins négligeable, trouve refuge dans la seule réalité économique qui
puisse exister, celle réduite à l’étiquette ingrate d’économie dite
informelle, celle qu’aucune démarche sérieuse des pouvoirs publics ne
prend en compte, celle qui, ironie du sort, sert bon gré mal gré de
trappe à la pauvreté de masse. La misère est partout !
Votre erreur, s’il en est, c’est d’avoir concentré vos efforts sur les
seuls enjeux politiciens du pouvoir, plutôt que d’investir dans les
cerveaux des gens et avoir confiance en vos concitoyens ; les femmes,
les hommes, les jeunes, acteurs des transformations possibles et
souhaitables.
Un capital technique et intellectuel, doté d’une belle envie de faire
et d’exceller, dévoué pour son pays, aurait trouvé réponses aux
sempiternels problèmes de rareté de biens essentiels structurants tels
que : l‘eau courante, l‘électricité de ville et des campagnes, le gaz,
les biens alimentaires, et toutes autres nécessités.
Avec des têtes bien faites, le pays aurait acquis la maitrise des
évènements face notamment, (i) aux vulnérabilités liée aux chocs
extérieurs tels que la chute des prix de matières premières, la
fluctuation des devises étrangères de référence, le décrochage des
agrégats économiques, ceux en rapport avec le commerce et/ou la finance
internationale, et (ii) à chaque fois, de trébucher devant le piège de
la dette.
Le savoir et la connaissance sont l’antidote à la faiblesse des pays en
panne de cerveaux, ces pays mal préparés à réagir de la meilleure façon
lorsqu’apparaissent des crises, au demeurant inévitables.
C’est ce qu’est la résilience !
Monsieur le Président,
Il n’est de richesse que d’Homme.
Le seul Congo qui vaille, c’est celui qui offre des opportunités de
réalisation et d’épanouissement pour tous, celui qui croit en son destin
et est maître de ses ambitions ;
Le seul Congo qui vaille, c’est celui qui sait Inventer, Investir,
Financer, Développer, Impulser des modèles d’enseignement, des systèmes
de santé, un génie technologique des plus prometteurs que personne
n’aurait cru concevable sous nos latitudes. C’est celui qui sait
développer de la puissance ;
Le seul Congo qui vaille (la peine), c’est celui avec des congolais(es)
confiant en leur avenir, considérant légitimement que leur vie aura été
meilleure que celle de leurs parents, que celle de leurs enfants sera
encore meilleure que la leur.
Monsieur le Président,
La première étape dans la résolution d’un problème est (déjà) de
reconnaître qu’il existe.
Il faut changer son fusil d’épaule, et Parlez vrai à la Nation.
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Parlez pour rassurer que le pays peut se relever de ses malaises
chroniques et actuels. Dans une société de gens civilisés, il faut de
la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Sans quoi, il n’y
a point de légitimité. Notre Etat est en rupture de liens avec le peuple
dit souverain. La République dégradée, méconnaissable et dévoyée,
n’inspire plus confiance.
Parlez pour rassembler toutes les composantes de la Nations plus que
jamais éparses et, suspicieuses les unes des autres. Cela consiste à
rompre avec un tribalisme à l’œuvre dans la sphère publique et
institutionnelle. Lequel tribalisme nourrit de macabres ou funestes
desseins à venir.
Parlez pour annoncer la Paix véritable et sincère, la Sécurité, la
Liberté, la Justice, l’Egalité pour Tous. Faites–le en prélude aux
dialogues nécessaires et incontournables qui ouvrent les portes du futur.
Le Peuple est prêt. Il faut lui en donner la chance.
Parlez pour mobiliser toutes les énergies qui manquent au pays. Ils sont
nombreux à vouloir se mettre au service d’une ambition nationale, ils
sont disséminés ici et là à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ils
sont jeunes, patriotes, et déterminés. C’est un devoir pour Vous les
ainés, vis–à–vis de Nous, vos cadets, que vous avez égoïstement privé
du droit commun d’accès à l’ascenseur social, confisqué.
Parlez pour briser un tabou, celui de l’horizon politique de votre sortie
de l’arène. Le temps passé au sommet de la hiérarchie de l’Etat est trop
long, l’usure du pouvoir aidant, il figure parmi les facteurs, source
de crispation et de risques de violences en perspective. Donner une
chance au pays qui vous a tout donné, c’est lui permettre de se renouveler
et ainsi, prendre un nouvel élan. Vous le lui devez !
Parlez et convoquez l’avenir à la table de la République, pour donner
la force aux Mots ; des mots qui protègent des insécurités qui nous
enlacent, des mots qui exorcisent de la hantise de nos démons toujours
à l’affût, des mots qui soignent les plaies de notre existence trouble
et tumultueuse, des mots qui apaisent les rancœurs au cœur d’un vivre–
ensemble moribond, des mots qui réconcilient les enfants du pays, toute
origine confondue, appelés à faire Nation, des mots qui éclairent.
Tout bien pesé,
Parlez enfin ! C’est peut–être votre dernière chance.
Haute considération !
Fait A Paris, le 28 novembre 2024,
Publiée, le 30 décembre 2024.
F. Wilfried D. KIVO


