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Politique

Une frange de la Diaspora congolaise de Paris a rencontré, le dimanche 18 mai 2025 dernier, le chef du département politique à la Présidence congolaise, Rodrigue Malanda Samba, venu à Paris dans le cadre de la visite officielle du Président de la République du Congo, son excellence Denis Sassou Nguesso, auprès de son homologue français Emmanuel Macron. Cette rencontre répondait à leur souhait de lui exprimer leurs préoccupations.
Plusieurs points ont été abordés :
1- La restauration de la paix dans le Pool et le statut du Révérend pasteur Ntumi ;
2- L’accompagnement des porteurs de projet issus de la diaspora souhaitant investir au Congo ;
3- La liberté de circulation, notamment le droit pour certains activistes d’entrer et sortir librement du territoire national ;
4- Le droit de vote et la représentation de la diaspora dans les institutions de la République
À la lumière des échanges, notre journal analyse le discours de ce conseiller politique du président Denis Sassou Nguesso et le met en perspective avec l’évolution de la vie politique congolaise.
Paix dans le département du Pool : L’accord de cessez-le-feu tient toujours
Mandaté par le président pour mener les négociations qui ont conduit à la conclusion des accords de paix du 23 décembre 2017 avec le Révérend pasteur Ntumi, Rodrigue Malanda Samba s’est présenté comme l’un des principaux artisans de ces accords. Selon lui, ces accords ont permis de restaurer durablement la paix dans le département du Pool. Il s’est donc félicité du respect et de la durabilité de ceux-ci: «Le Pool n’est pas une zone de non-droit. Cela fait huit ans que cet accord tient. Depuis sa signature, les foyers de tension se sont éteints, l’autorité de l’État a été rétablie sur l’ensemble du département, et les citoyens circulent librement malgré un banditisme résiduel appelé à disparaître » a-t-il affirmé.
Concernant le statutdu Révérend pasteur Ntumi: « c’est un citoyen libre depuis la levée de son mandat d’arrêt en 2018, et que son église et son parti politique ont été réhabilités. L’agitation autour de sa supposée participation à la prochaine élection présidentielle ne gêne personne puisqu’il a déjà été candidat, sans succès, aux élections législatives dans son fief ».
Le redressement du FIGA et son implantation à Paris
Promu à la tête du conseil d’administration du Fonds d’Investissement de Garantie et d’Accompagnement (FIGA) par le Président de la République, Rodrigue Malanda Samba s’est vu confié une mission de taille : « remettre de l’ordre » dans cette structure ébranlée par des scandales de corruption.
Il a également exposé les réformes engagées : mise en place d’un système de double signature bancaire, renforcement des mécanismes de contrôle… L’annonce d’un projet d’ouverture d’une antenne du FIGA à Paris, a été chaleureusement accueillie comme une des meilleures réponses à leur volonté d’investir au pays.
« Le FIGA est désormais remis sur pied, preuve en est, il a récemment financé, sur fonds propres, le programme national de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR)», a-t-il ajouté. Le FIGA apparaît comme un catalyseur de ce programme qui a mis longtemps à être mis en œuvre.
Droit au retour et fin de la peur : « le délit d’opinion n’existe pas au Congo ».
Interpellé sur les craintes exprimées par certains activistes, le conseiller a voulu rassurer : « Le délit d’opinion n’existe pas au Congo. Aucun dossier d’arrestation ne vise aujourd’hui un citoyen de la diaspora pour ses idées ». Tout en précisant que les incendiaires de l’ambassade « ont été jugés et ont purgé leur peine », il a néanmoins souhaité qu’ils « présentent des excuses à la République ». Rodrigue Malanda a assuré que les membres de la diaspora peuvent revenir au pays et en ressortir sans crainte.
Le droit de vote de la diaspora bientôt effectif
Annoncé comme une avancée majeure, le projet de loi portant Droit de vote des Congolais de l’étranger est enfin prêt, il entrera en discussion au Parlement sous peu. « Vous n’avez pas eu à faire pression pour cela. L’Etat déploie sa politique en temps et en heure. La diaspora votera et aura des représentants ».
Cette démarche vise à responsabiliser les Congolais de l’étranger à travers les élections et à mieux les intégrer dans le débat démocratique national. Le premier scrutin incluant les Congolais de l’étranger pourrait intervenir lors des prochaines élections législatives prévues en 2028.
Il est légitime que la Diaspora retrouve son Droit de cité garanti dans la constitution. C’est aussi dans ce sens qu’à été créé le Ministère des Congolais de l’étranger devant être la charnière entre la République et les citoyens congolais vivant à l’étranger. En cela la probable implantation du FIGA à Paris pourrait renforcer l’extraterritorialité de l’Etat congolais.
Les participants ont formulé le vœu de voir se multiplier ce genre de rencontres afin de rétablir la confiance, longtemps érodée par des actes de délinquance, avec le personnel politique. Une bonne manière de maintenir le lien avec le pays.
2026-2031 : Le mandat de la restauration
À travers cette rencontre, on discerne déjà les priorités du futur mandat présidentiel: pacificat
Si la lutte contre la corruption reste timide, plusieurs personnalités controversées sont discrètement et progressivement poussées vers la sortie, tandis que d’autres sont investies de missions spécifiques :
– L’éducation civique et la promotion de l’éthique républicaine par le Procureur Oko Ngakala et sa campagne devenue virale « ô Sali
mabé…Loi e ko lakisa yo »
– Le Ministre Yoka pour le redressement de la régie financière ;
– La prospection d’investisseurs par le Ministre Denis Christel Sassou Nguesso ;
– La consolidation de la paix dans le Pool et l’accompagnement des PME (pilier contre le chômage) par Rodrigue Malanda Samba.
Dans son livre « N’ayez pas peur », le ministre Claude Alphonse NSilou écrivait : « Le Président Sassou a le devoir moral de laisser un pays apaisé et viable économiquement ».
Pour ce qui semble être son ultime mandat, le Président Denis Sassou Nguesso a donc engagé la restauration de la « maison Congo », afin de léguer aux nouvelles générations un héritage politique apaisé et reformé.

