Ils ne savent même plus faire semblant pensent certains. Ils ne peuvent plus s’entendre disent d’autres. Possible. Mais c’est le but du jeu.
Ils sont bloqués, au bout du rouleau (certainement pas, aucune force en capacité de les pousser hors de la scène n’est en place).
Celui qui les gouverne, l’élément d’équilibre et la pierre de voûte a créé cette situation exprès.
Les marionnettes qui dansent gaiement oublient la main qui les fait se mouvoir. Mais seule la main qui manipule sait comment ôter vie et mouvement à un membre.
La nomination (la reconduction) de ACM, plus qu’un pied de nez, est une manœuvre politicienne.
D’aucuns y verront la manifestation de l’immobilisme, d’autres le blocage du système face à ses tensions internes.
Au-delà de ce qui les oppose sans jamais les diviser, tous les tenants du pouvoir cherchent d’abord et avant tout à y demeurer. Voilà le fondamental.
Le vieux félin le sait, mieux que quiconque.
Lui qui semble assoupi et qui fait semblant de ne rien voir ou de ne plus rien contrôler, laisse les bestioles s’enjailler.
Il ne prête que peu d’attention à cette distraction tant que les fondations du système ne sont pas menacées.
Tel un maître d’échecs, il pousse patiemment ses pions, sans précipitation, sans émotion, sans passion.
Il a acquis le calme, l’expertise et la maîtrise que seule l’expérience octroie.
Il va leur imposer un successeur. Quel que soit le dauphin qu’il aura désigné. Ils l’accepteront.
Cette marre aux crabes, peuplée de groupes qui s’opposent et se neutralisent, chacun pensant tenir la corde, trouve la limite de sa force et de sa révolte à l’initiative de querelles ouvertes qui entraîneraient l’implosion du régime. Risque suprême.
Nul n’y a intérêt.
La malice (du chef) qui a laissé les tensions internes prospérer, va récolter les fruits de son intelligence.
Permettre au système de survivre avec le chef qu’il aura désigné.
Même les plus radicaux emprunteront la passerelle qu’il aura désignée pour passer au-delà du tumulte ambiant.
Personne ne courra le risque de la briser et se livrer aux risques du furieux torrent qui gronde alentour.
ACM est, pour tous les séraphins, un moindre mal, le plus petit dénominateur commun. Un postiche, un épouvantail sans substance. Pour leur chef, c’est le premier pas qui les conduit dans le goulet par lequel ils devront passer pour espérer demeurer au pouvoir.
Dès lors, il va baliser le chemin à suivre et imposer le rythme. Ceux qui pensent qu’il ne contrôle rien vont se rendre compte que c’est lui qui gouverne.
Tous suivront.
Et le Congo des pantins regardera ce régime muter et rester en place.
Il s’adaptera au nouveau régime SASSOU et il s’en accommodera.

