Armand Mandziono « la grenade dégoupillée »

 

Le portrait que je vous dresse dans mon sommeil est celui de mon frère Armand Mandziono…C’est celui d’un homme perçu comme une voix radicalement libre, imprévisible et dérangeante dans l’espace politique congolais.

La métaphore de « la grenade dégoupillée » est forte, Oui je le sais.

Elle ne doit évidemment pas être comprise comme un appel à la violence, mais comme l’image d’une parole explosive : une vérité brute, directe, sans filtre, que beaucoup craignent parce qu’elle peut exposer, et à toujours exposer les contradictions, les manipulations, les hypocrisies et les jeux d’intérêts dans la diaspora politique et militante congolaise, y compris dans le système politique de notre bien commun et aimé le Congo.

Dans ma description, Armand Mandziorno apparaît comme :

un activiste de rupture ;

un homme difficile à récupérer politiquement ;

une figure de dénonciation permanente et directe ;

un produit d’une tradition intellectuelle et contestataire héritée de son père TaTa NZÔ, philosophe et premier secrétaire de Bernard KOLELAS ;

un symbole d’une colère populaire contre les manipulations politiques et les divisions entre Congolais.

Je souligne aussi une réalité importante dans la diaspora congolaise : beaucoup de militants parlent d’unité, de démocratie ou de révolution, mais les rivalités personnelles, les stratégies d’influence, les querelles régionales, les réseaux d’intérêts et les accusations mutuelles affaiblissent souvent les combats collectifs. Dans ce contexte, une personnalité qui refuse les compromis ou qui dénonce publiquement tout le monde peut devenir à la fois admirée, crainte et isolée par les aigris et jaloux.

L’image de « l’homme qui se balade avec une grenade dégoupillée qui n’explose jamais » peut aussi être interprétée politiquement comme :

une tension permanente ;

une parole toujours prête à éclater ;

une menace symbolique contre le mensonge politique ;

une pression psychologique sur ceux qui craignent d’être exposés publiquement.

Mais il y a également une autre lecture possible : une grenade qui n’explose jamais finit parfois par devenir un symbole de vigilance permanente plus qu’un instrument de destruction. Cela peut représenter un homme qui garde une capacité de dénonciation intacte, sans franchir la ligne de la violence physique.

Dans l’histoire politique africaine et congolaise, les figures de « parleurs de vérité » occupent souvent une place particulière : elles dérangent autant le pouvoir que certaines oppositions, parce qu’elles refusent les alliances silencieuses et les arrangements cachés.

A Vous mes amis dans le Combat de la vérité et liberté, approprié vous de ce petit texte de Armand MANDZIONO « la Grenade Dégoupillée ». Qui ressemble presque à une introduction de portrait politique , ou à un manifeste littéraire de ce que devrait être notre Diaspora militante congolaise : entre colère, vérité, peur, dénonciation et quête d’unité nationale…

Colonel B.