LES CORBEAUX

Chapitre 35. Le vol des corbeaux

  • 1 Troupes de l’A-EF – Cameroun, état-major – 2e bureau, renseignement confidentiel, Brazzaville, le 1 (…)

mais il s’était évadé de sa tombe. Il était actuellement en France, attendant pour rentrer à POTO-POTO que son palabre avec les Blancs soit terminé. Quand il reviendra, il sera nommé député1.

2L’évasion de Matswa – ou sa résurrection, si l’on en croit N’Gouanga – et son retour en France revêtent toutes les caractéristiques du mythe du retour du héros. Après avoir échappé à Charybde et Scylla, évité les ciseaux des infatigables filandières et déjoué toutes sortes de sortilèges, au gré de son destin, le héros, devenu quasi divin, s’apprête à réinventer la société et à changer le cours de l’histoire.

  • 2 Cette conviction du retour prochain de Matswa est si ancrée dans les esprits des matswanistes les p (…)
  • 3 Florence Bernault, « Archaïsme colonial », art. cité, p. 43.

3Mais entre sa dernière arrestation en 1940 et sa mort en 1942, l’amicalisme opère une mue qui se dessine nettement dès l’annonce de cette mort entourée d’un voile de mystère. En effet, l’absence du corps engendre le refus de reconnaître la mort2, lequel, à son tour, fait naître le mythe messianique du matswanisme. Entre 1942 et 1946, le matswanisme prend son essor. Durant cette période, l’amicalisme ne disparaît pas totalement, mais lui reste encore attachée comme une sorte de peau morte. N’eurent été les campagnes électorales de l’après-guerre et l’apparition fulgurante de l’abbé Youlou, l’amicalisme aurait sans doute été totalement éclipsé par le matswanisme. Mais Youlou, passé maître dans l’art de jouer simultanément sur plusieurs tableaux, se révèle particulièrement habile dans les joutes électorales qui président à la décolonisation. Certes, il ne prend pas part « régulièrement […] à des cérémonies dans les cimetières matsouanistes de Brazzaville, surtout Moukondzi-Ngouaka3 », comme le rapporte Florence Bernault. Mais il se réclame héritier de la longue lignée de prophètes politico-religieux baKongo, ce qui lui permet de susciter autant d’engouement chez les amicalistes que chez les matswanistes.

  • 4 Wamba Blaise à Monsieur le Haut-commissaire, gouverneur général de l’A-EF, Monsieur Cornut Gentil, (…)

4Dès la mort de Matswa donc, et avant même la montée en puissance de Youlou, de nombreux amicalistes abandonnent la fronde politique ou plutôt combinent désormais le politique et le religieux. On trouve cette fusion dans une phrase, au hasard d’une lettre qu’un certain Blaise Wamba (qui se fait appeler Victor Dewamber) envoie au gouverneur général Bernard Cornut-Gentille. Il y met en garde « tous ceux qui ont voté contre Dieu et qui mettent en péril la colonie et y compris les colons européens capitalistes4. » À ce moment-là, alors que se devinent à peine les contours et les caractères liturgiques que va adopter le culte de Matswa, les récits parousiques n’existent pas encore. D’ailleurs on ne croit pas à sa mort. On pense qu’il vit en France, travaille de concert avec le général de Gaulle, et reviendra au Congo, non pas à la manière d’un messie, pour sauver son peuple et inaugurer un règne millénial, mais tout bonnement pour devenir député. On a pour témoignage, les discours que prononcent un certain Massamba Édouard, résidant rue Condorcet, à Bacongo, et qu’il consigne, par bonheur, dans des lettres qu’il fait circuler dans le cercle des amicalistes. Dans l’un d’entre eux, prononcé en petit comité, le 20 octobre 1946, « au moment où Mr. TCHIKAYA faisait revendiquait ses fameux succès recueillis au sein de l’Assemblée Constituante », Massamba conjugue amicalisme et matswanisme. « Il n’y a pas d’autre candidat que MATCHOUA André Grenard qui vit et travaille pour nous à Paris », proclame Massamba, « saisi de rage ». Puis vient non pas tant une répudiation du christianisme en tant que tel, mais une justification du culte de Matswa :

Nous prions les Saints Pierre et Paul qui étaient d’abord des hommes engendrés dans le péché, lesquels n’avons-nous vus ni connus, leur origine et leur sépulcre. Nous nous prosternons aux pieds du Seigneur J.C. lequel ne nous ayant vus ni mis les pieds dans notre pays ; ni nos ancêtres ne l’ont vu durant sa vie terrestre. Pourquoi donc ne chérissons pas celui que nous avons vu naitre, et n’estimons pas aussi ensemble l’âme immortelle de notre premier Bienfaiteur Intercesseur donné par la Providence, ravissant don d’une première et dernière fois et d’une fois pour toute, car le don du bonheur de la Nature est d’un seul trait.

  • 5 Pièce no 8, Discours de Massamba Edouard, Brazzaville, le 24 octobre 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

5Massamba termine son discours par un appel à voter Matswa : « Déclarons aux autorités locales judiciaires, le corps, les os, l’âme ou l’esprit de Mr. MATCHOUA ANDRE GRENARD-Déclarons-le tous, unanimement, fermement, hommes, femmes et enfants appelés au bénéfice du Droit. Votons tous sur MATCHOUA ANDRE GRENARD. Votons-le tous si nous voulons devenir des Homes dignes du Droit de l’Homme et du Citoyen5. »

  • 6 Abel Kouvouama, « Les énoncés du croire dans les messianismes en Afrique », rue Descartes 36, 2002/ (…)
  • 7 Considéré comme le premier, dans la longue lignée des prophètes kongo, Francisco Kassola commence s (…)
  • 8 Abel Kouvouama, « Les énoncés du croire », art. cité, p. 163.
  • 9 Autant Kimpa Vita a acquis une certaine notoriété historique et fait l’objet de plusieurs études, a (…)
  • 10 Voir Didier Gondola, « Kimbanguisme et matsouanisme : traitement colonial et survivances post-colon (…)
  • 11 Martial Sinda, Le messianisme congolaisop. cit., p. 297. En témoigne, la petite étude d’Emmanuel (…)

6Ainsi, le matswanisme, comme tout mouvement à caractère messianique, navigue entre l’« horizon d’attente et l’espace d’expérience6 », comme le note l’anthropologue Abel Kouvouama. L’horizon d’attente, en particulier, dont la distance varie en fonction du contexte politique et au gré de l’imagination des fidèles, se matérialise d’autant nettement qu’il s’arrime à une généalogie adventiste dont Matswa n’est en fait que le dernier avatar. Partant de Francisco Kassola7 jusqu’à Simon Kimbangu, de 1632 à 1921, cette tradition prophétique et messianique se déploie de façon uniforme. Selon Kouvouama, elle se distingue par « les nouvelles offres de sens et de croyance [qui] se doublent dans leur projet religieux d’une vision politique de libération8 » vis-à-vis des forces étrangères, de revendication d’une église autonome et africanisée ou d’unification politique, comme cela se passe au xviiie siècle avec les deux prophétesses Appolonia Mafuta Fumaria et Béatrice Kimpa Vita9. Il faut évidemment y voir aussi des tentatives de synthèse entre les croyances traditionnelles locales et le catholicisme. Le matswanisme procède de manière toute différente. Contrairement au kimbanguisme, par exemple, « la superposition de la logique de l’attente et de la logique de l’espérance » nourrit chez les matswanistes de nouvelles formes d’imaginaires et de pratiques instituantes. Alors que le kimbanguisme s’affermit et s’affirme avant tout comme un mouvement religieux avant de servir de combustible aux revendications d’ordre politique, la démarche matswaniste emprunte la trajectoire inverse10. Elle construit le religieux à partir des ruines et des débris laissés par un combat politique acharné, sans merci, mais perdu. Elle déplace le champ de bataille du politique au religieux, de la citoyenneté à la sainteté. Mais comme le note Sinda, la vision des Églises noires qui naissent en pays lari revêt la même ambition : honorer Matswa et l’associer étroitement au prophète Kimbangu11, le rattachant ainsi à cette longue lignée messianique qui remonte au Kongo dia Ntotila.

7À l’origine du culte de Matswa, on trouve l’ancien infirmier Thomas N’Kari, que l’administration a révoqué pour son rôle dans l’Amicale. En 1941, après sa révocation, il est condamné à trois ans de prison et cinq ans d’interdiction de séjour pour « atteinte à la souveraineté française ». Il aurait publiquement promu l’idée d’un débarquement imminent des Allemands au Congo pour mettre un terme aux abus coloniaux perpétrés par la France. À sa sortie de prison, N’Kari plaide auprès du gouverneur Éboué pour annuler sa peine d’interdiction de séjour et l’obtient après de multiples doléances. Mais, figurant sur la « liste noire », plus question pour lui d’exercer son métier d’infirmier dans un quelconque hôpital de la colonie. Il se fait donc engager par le grand chef Biza de Boko comme secrétaire particulier. Il est chargé notamment de la correspondance du chef et fait également office d’interprète. Biza, que l’administration avait déporté et humilié en exil dans la fournaise du Tchad, est autorisé à rentrer au Pool en avril 1939 à la seule condition de se tenir à l’écart de toutes menées politiques antifrançaises. Quoique l’exil et la prison aient émoussé l’ardeur du grand chef, ils ont en revanche considérablement accru son prestige et son influence dans la région. Sa santé ne lui permettant donc plus de monter en premier ligne, il encourage N’Kari à continuer le combat.

8N’Kari procède d’abord par une propagande astucieuse, faisant taper des prières « en chaîne » et en lari par les écrivains de Brazzaville. Ces prières, accompagnées d’instructions, sont ensuite largement diffusées dans le Pool. On prie, en lari, devant des bougies allumées, et on demande à Matswa de hâter son retour et de venir libérer le pays du joug des Français, de « sauver notre Congo de toutes les peines, de toutes les vexations. »

  • 12 Tract dactylographié par un clerc employé à l’état-major de l’Aiglon (traduit du lari) ; FR ANOM 51 (…)

Réunissez-vous tous, exhorte N’Kari. Que les Chefs soient d’accord et qu’ils ne prennent tous que le nom de Matchoua pour que notre pays progresse. Le bien ne doit pas être pour un seul homme. Nous les gens du Congo, ne laissons pas notre pays dans les mains des étrangers12.

  • 13 Le chef du département du Pool à Monsieur le gouverneur général, chargé de l’administration du terr (…)

9Il ne s’agit pas d’un regroupement religieux en tant que tel, encore moins d’une Église. D’ailleurs N’Kari dissuade les larges attroupements et préconise des réunions de prières en petits cercles. Attisées par N’Kari, se lamente l’administration, les cendres du vieux rêve lali qu’elle croyait avoir dispersées aux quatre vents de l’exil projettent des flammes vives au Pool. Bientôt elles se propagent au Congo voisin et jusqu’à Dolisie et Pointe-Noire13.

10L’administration réagit vigoureusement contre l’éclosion inattendue de cette ferveur messianique à l’égard de Matswa et poursuit impitoyablement cet avatar de l’Amicale. Le crime ne varie guère à ses yeux puisqu’il est associé toujours à la personne de Matswa, à cette différence près (et non la moindre !) qu’on ne peut plus arrêter un mort ! Il faut donc appréhender ces nouveaux sectateurs et étouffer le mouvement dans l’œuf. L’un des premiers cas à entrer dans le collimateur de la justice coloniale se déroule en octobre 1945. Dans la nuit du 10 au 11, deux individus, Malanda Prosper et Malanda Dagobert, respectivement chauffeur au garage administratif et sous-chef de gare à la CGTA (Compagnie générale des transports en Afrique), sont surpris par une patrouille de police menée par le sergent Bévane sur la route de la Corniche, en plein milieu de la rivière Makélékélé, munis de bougies et d’une baguette, en train d’offrir des prières à Matswa. Ils sont immédiatement encerclés par les gardes indigènes et appréhendés. Pour montrer combien les autorités prennent cette affaire au sérieux, les deux prévenus apparaissent le même jour devant le tribunal indigène. Le chef de la subdivision de Brazzaville, Paul Gras, préside à la cour. Il interroge d’abord Malanda Prosper :

Juge :
Qui priez-vous ? Et pourquoi ces bougies allumées et cette baguette ?

Prévenu : Je priais Dieu.

Juge : Quel Dieu ?

Prévenu : Grenard André.

Juge : Mais Grenard est mort ?

Prévenu : Non, il est vivant.

Juge : L’avez-vous vu ?

Prévenu :
Oui, il marche comme moi. C’est lui qui viendra pour commander notre pays. Ce ne sont pas des étrangers qui peuvent commander. Non.

Juge : Quels étrangers ? Les Blancs ?

Prévenu : Non, ceux du Gabon, de l’Oubangui.

Juge : Mais vous avez déclaré avoir vu Grenard, que vous a-t’il dit ?

Prévenu : Il m’a dit : Travaillez, priez, car je suis votre Dieu.

11C’est ensuite au tour de Malanda Dagobert de paraître devant le juge.

Juge : Que demandez-vous dans vos prières ?

Prévenu :
Nous voulons que Grenard (qui n’est pas mort) soit notre député.

Juge : Vous dites que Grenard n’est pas mort ? Mais l’avez-vous vu ?

Prévenu : Non, je ne l’ai pas vu mais j’ai fait des songes.

Juge : Et que vous a-t’il dit ? Il vous parle ?

  • 14 Procès-Verbal d’audition de Malanda Prosper et Malanda Dagobert, Brazzaville, le 11 octobre 1945 ; (…)

Prévenu :
Oui, il me parle et me dit qu’il est toujours vivant en France, qu’il ne faut pas l’oublier. C’est lui qui m’a dit qu’il sera notre député14.

  • 15 Bulletin mensuel de renseignements politiques, Exécution prescriptions circulaire, nº 100 du 26 jui (…)
  • 16 Projet confidentiel du gouverneur général de l’A-EF adressé à Monsieur le ministre de la France d’o (…)

12Quand on examine attentivement ces nombreux procès-verbaux d’audience, on est frappé par l’opiniâtreté des prévenus. Lors des procès politiques des amicalistes dans les années 1930, hormis celui de Camille Diata, les juges doivent faire preuve d’habilité et recourir à de nombreux subterfuges pour obtenir les aveux des accusés. Certains comme Diata (mais il n’est pas le seul) ne nient pas leur rôle dans l’Amicale et tiennent parfois tête au juge, préférant la prison et la déportation au renoncement à leur combat politique. Beaucoup, cependant, s’accusent réciproquement, prétendent s’être fait duper et clament leur innocence, quand ils ne feignent pas carrément ne rien connaître de toute l’affaire. Mais dans le cas des matswanistes, puisqu’il s’agit d’un article de foi (et non plus simplement de conviction politique), les prévenus avouent tout sans ambages et parfois même avec le zèle de nouveaux prosélytes. Les deux Malanda ne seront pas condamnés. « Ils se sont vus traiter, ironise le chef du département du Pool, non pas en criminels passibles de la prison ; mais en pauvres égarés inintelligents et ridicules. » Il faut en revanche mettre « hors d’état de nuire » ceux que l’administration appelle les « profiteurs de l’Amicale », ceux qui veulent « remettre sur pied la vaste et fructueuse escroquerie de Grenard15 », la bande des quatre que le gouverneur Bayardelle épingle de la façon la plus cinglante dans un rapport confidentiel destiné à son ministre : « Diata, l’illuminé ; Samba Timothée, le terroriste ; N’Kari, l’escroc ; Mathias [N’]Goma, le bandit16. »

  • 17 De l’aveu même du gouverneur général Bayardelle, aveu ironique s’il en est, qu’il confie à son subo (…)
  • 18 Dictée par la hantise d’une confluence entre l’amicalisme et le matswanisme, la décision du gouvern (…)
  • 19 Le gouverneur du Moyen-Congo à M. le chef du département du Pool [confidentiel], Brazzaville, le 24 (…)
  • 20 [Le gouverneur général] chargé de l’administration du territoire du Moyen-Congo à Monsieur le chef (…)

13Mais, comme dans sa lutte contre l’Amicale, l’administration se berce encore d’illusions ici en croyant qu’il suffit de neutraliser les profiteurs pour que « le mouvement Balali, en tant que manifestation mystique et raciale, [n’ait plus] longtemps à vivre ». La récente période électorale, pense-t-elle, « aura été l’occasion de son dernier sursaut, mais aussi la cause de son déclin ». Depuis plus de trois-quarts de siècles que l’administration française décapite à tour de bras les meneurs de la région du Pool, sans pouvoir déraciner de cette terre arrosée par le sang des martyrs l’arbre de la liberté, il ne lui vient pas à l’esprit de changer de politique17. Maintenant qu’elle fait face à une opposition qui n’est plus politique mais « mystique », comme la qualifie bon nombre de rapports coloniaux, elle commet une fois de plus la maladresse de couper les grosses branches, laissant ainsi les racines se fortifier dans le secret18. Elle se heurte également à ses propres contradictions, relevées dans une lettre secrète du gouverneur Bayardelle, professant la « liberté de pensée et de culte19 », mais ne parvenant pas à s’abstenir d’une intervention répressive non seulement hasardeuse, mais de surcroît violente et dangereuse. « Tant que les fidèles de MATSOUA se borneront à une attitude contemplative, écrit-il à son chef de département, il n’est pas utile d’intervenir » puisque la persécution, reconnaît-il, ne peut que favoriser le prosélytisme20. Mais voilà, peu de cultes se bornent simplement à la contemplation ; et les matswanistes, l’administration va le comprendre bien vite, ne vénèrent pas simplement des os, ils y affûtent aussi les armes des faibles.

14Thomas N’Kari, que l’administration surveille de près depuis sa libération en 1944, fait les frais de cette vague de répression qui s’abat sur les leaders matswanistes. Sa présence se fait sentir partout, à Brazzaville comme dans les villages. Il organise des réunions secrètes, fait multiplier les tracts, exhorte les fidèles de Matswa à continuer la résistance dans le nouveau culte du fondateur de l’Amicale. Dans la nuit du 23 au 24 février 1946, il invite une vingtaine de matswanistes de Brazzaville à une retraite secrète aux environs de Kinkala, en pleine « brousse », à sept heures de marche du poste. Autour d’un grand feu, les fidèles allument des bougies et invoquent le nom de Matswa dans des complaintes interminables. Quelques-uns dansent en transe tandis que d’autres entonnent des hymnes improvisés à la gloire de leur messie. Mais comme il y a toujours parmi eux un mouchard, la milice, prévenue du lieu et du jour de leur réunion, leur tombe dessus et arrête tout ce monde. Pour la première fois, les autorités, qui se ravisent après avoir qualifié les fidèles matswanistes de « pauvres égarés ridicules », considèrent maintenant le culte rendu à Matswa comme un délit. Elles dépoussièrent un article obscur du code pénal indigène sur les « sociétés secrètes » pour couvrir d’un vernis légal sa répression contre les matswanistes. Les peines prononcées contre les inculpés vont de douze mois à quatre ans d’emprisonnement.

Est considéré comme société secrète tout groupement clandestin cherchant à dérober sciemment ses réunions et leur but aux autorités administratives et judiciaires. Les sociétés secrètes sont interdites. Ceux qui seront convaincus d’avoir fait partie d’une société secrète seront punis d’une amende de 100 à 500 Francs et d’un emprisonnement de six mois à deux ans et pourront être déclarés incapables, pour une durée de cinq années, d’exercer aucun emploi public. Ces condamnations pourront être portées au double contre les chefs ou fondateurs de la société (article 66 du Code pénal indigène).

  • 21 Le chef du département du Pool à Monsieur le gouverneur général, chargé de l’administration du terr (…)
  • 22 Arrêté fixant les conditions d’application d’interdiction de séjour prononcée contre le nommé N’KAR (…)
  • 23 Mavounia Marcel à Monsieur le gouverneur général de l’A-EF, Brazzaville, le 6 août 1946 ; FR ANOM 5 (…)
  • 24 Voir Abel Kouvouama, « Du devenir du matsouanisme dans le Congo contemporain », dans M.-E. Gruenais (…)

15Ce coup de filet retentit comme un coup de semonce pour N’Kari qui, fin et méfiant comme un renard, se trouvait sagement à son domicile, sis rue Voltaire, à Brazzaville, tandis que ses coreligionnaires entretenaient la flamme de la résistance au milieu de la brousse. Mais ce qu’il ne sait pas encore est que le 17 décembre de l’année précédente, le gouverneur général Bayardelle signe un arrêté le condamnant à purger la peine d’interdiction que le gouverneur Éboué avait suspendue. Au lieu de « 10 ans dans un poste du Tchad, où il serait envoyé sans la moindre publicité et dans les plus courts délais21 », comme le préconise son chef de département, Bayardelle lui inflige une peine de cinq ans de résidence obligatoire à Zouar, dans le département du Borkou-Ennedi-Tibesti, à l’extrême nord-ouest du Tchad22. On vient le prendre chez lui le 10 juillet 1946. Vers la fin du mois, on le transfère en secret en compagnie de sept autres déportés (son nom est le seul à ne pas figurer dans le manifeste du convoi qui quitte Brazzaville sur le « Fondère ») en direction de Bangui, puis de Fort-Archambault. Cinq ans à Zouar ! On l’aurait condamné à la peine capitale que l’on n’aurait pas prononcé sentence plus sévère. Jamais, en effet, de mémoire d’amicaliste, un condamné n’avait été déporté au-delà du 17e parallèle nord. Avec des températures avoisinant 40 degrés lors des grosses canicules du mois de juin et tombant au-dessous de zéro degré dans les hauts-plateaux du Tibesti, entre septembre et février, autant dire qu’on est ici au cœur de la fournaise désertique tchadienne. N’Kari laisse derrière lui « cinq malheureux enfants qui attendent le retour de leur père innocent23 » et qu’il confie à son frère Marcel Mavounia. Ce dernier, amicaliste irréductible, hésitant encore à embrasser le matswanisme, multiplie les requêtes auprès du gouvernement général. On daigne à peine lui répondre. Mis « hors circuit », N’Kari disparaît, englouti par l’enfer désertique du Tibesti. Mais, comme par miracle, il parvient à survivre et revient à l’expiration de sa peine. Il compte alors parmi les caciques de l’UDDIA que Youlou vient de créer, mais cette expérience tourne court lorsque Youlou déclenche la répression contre les matswanistes24.

16Profitant de cette brèche adventiste béante, plusieurs individus s’y engouffrent comme happés par une sorte d’hallucination collective. Un certain Mathias N’Goma, Kongo, âgé de 25 ans, originaire du Congo belge, ancien amicaliste, apparaît au Pool un beau jour du 7 février 1946. Il arrive au village de Lokota, dans la terre de Goma Tsé-Tsé, et déclare être André Matswa. À cette nouvelle extraordinaire, qui abolit l’horizon d’attente, on accourt des villages alentours pour voir le « messie ». Personne ne doute un instant qu’il s’agit de Matswa. Sans attendre, N’Goma ordonne à ses nouveaux adeptes de cotiser cinq francs et il n’a pas à promettre grand-chose pour que beaucoup s’y plient religieusement et viennent remplir la caisse de cette société secrète. Il convie ensuite ses nouveaux adeptes à des réunions de prière secrètes où, on peut l’imaginer sans peine, ses disciplines entrent en transe et jouissent de la béatitude que procure la présence du messie. Lors d’une de ces sessions de prière, alors que l’adoration atteint son paroxysme, le messie dévoile un plan qui fait brutalement retomber l’assemblée dans la réalité. Prenant un ton vindicatif, le messie envoie ses disciples aller punir les chefs qui n’avaient pas voté pour lui (pour Matswa donc) aux élections. Plusieurs émules se proposent de monter en première ligne, tandis que d’autres se disent prêts à mourir pour lui. Le 9 février, sous le couvert de la nuit, N’Goma conduit sa bande vers le village du chef Missamou Loubaki de Kinkala, leur première victime. Prévenu, le chef quitte précipitamment sa case pour aller se réfugier en dehors du village. Ne le trouvant pas sur place, les assaillants s’acharnent sur sa case et la pillent de fond en comble. Ils regagnent ensuite leur repaire pour partager le butin. Ils effectuent ainsi plusieurs raids, toujours montés contre les chefs « collaborateurs » et suivant le même scénario. Souvent, ils bénéficient même de l’assentiment, voire la complicité, de villageois acquis à la cause matswaniste qui règlent ainsi leurs propres comptes avec des chefs impopulaires. Mais la fortune de N’Goma tourne brusquement lors d’un incident qui se produit à Massamba-Gare. Là, un résident nommé Mayindou Mayembo, simple cultivateur, tient tête à N’Goma, évente son projet et le somme de quitter le village « parce que j’ai vu qu’il n’était pas Matsoua ».

  • 25 Audience publique du tribunal indigène de second degré du département du Pool, tenue en matière rép (…)

J’avais connu Matsoua à la prison de Mayama, témoigne Mayindou Mayembo, où il a purgé une peine d’un an de prison. Je sais qu’il est mort à Mayama en 194225.

17Désormais, le doute s’installe dans les esprits et succède à l’enthousiasme initial. N’Goma perd son aura. Le 15 au matin, un détachement de 40 gardes, sous le commandement du chef de la subdivision de Brazzaville, se met à ses trousses et arrête 66 personnes, y compris N’Goma lui-même. Il est rapidement jugé et condamné aux travaux forcés à perpétuité.

  • 26 Projet confidentiel du gouverneur général de l’A-EF adressé à Monsieur le ministre de la France d’o (…)
  • 27 De nombreuses prophéties circulent ainsi, dont la plus répandue fixe la date du départ des Blancs. (…)

18Plusieurs charlatans, puisqu’il faut les appeler ainsi, profitent de ce que l’administration raille comme la « crédulité excessive » des Balari et leur « goût enfantin du merveilleux26 ». Certains se donnent pour thaumaturges, quelques-uns donnent des prophéties27, d’autres prétendent opérer des miracles, d’autres encore, les plus habiles, s’efforcent d’établir des églises et tout cela se fait bien entendu au nom de Matswa. Tous font du retour de Matswa leur fonds de commerce pour mobiliser la ferveur des Balali pour leur héros et remplir leurs caisses.

  • 28 Renseignement « Matsoua », Brazzaville, le 3 mars 1948 ; FR ANOM 51 MIOM 146.
  • 29 Selon Sinda, citant Fulbert Youlou, la rivalité entre Kinzonzi et Mahuku pour le contrôle du mouvem (…)

19L’épisode le plus étrange, dont on trouve le récit dans une courte note de renseignement28, se déroule en 1948. Un groupe de matswanistes, à la tête duquel on retrouve Prosper Mahuku qui, depuis la dernière arrestation de Matswa, s’est encanaillé29, pense avoir trouvé la recette miracle pour se distinguer des autres groupes et faire le plein de fidèles et, donc, de cotisations. Ce n’est pas l’homme de Mayama qu’il tire de son chapeau – d’autres avant lui l’ont fait et ont lamentablement échoué – mais un héritier. Voici donc Bouta Bemba, un garçon de 12 ans, que l’on promène partout en tipoye et fait passer pour le fils de Matswa. On l’entoure de douceur et de toutes les prévenances qui siéent au fils du dieu Matswa. Et il s’en faut de peu pour satisfaire l’appétit des Balali pour leur sauveur. Bouta Bemba devient la figure de proue du matswanisme jusqu’à ce que l’administration se penche sur ce nouveau cas. On l’amène donc devant le tribunal indigène de Brazzaville pour l’entendre. « Nerveux et malade », Bouta Bemba avoue dès le premier interrogatoire être en réalité orphelin, fils de feu Makoutou et de feue Maleka. Il serait né à Banda, dans le Niari, vers 1936 et résiderait à Boukondzo-Lamy, un des viviers de l’amicalisme, où il se fait recruter par les matswanistes parce qu’il va de village en village pour danser et entre périodiquement en transe. La supercherie ainsi découverte, on lui fait passer une visite médicale qui révèle que la nervosité et les hallucinations auxquelles succombe l’enfant sont en réalité dues à l’alcool. Un prêtre catholique, le père Fleuri, se propose de l’envoyer à Bangui pour le soustraire à l’emprise des matswanistes. Plus personne ne songera plus à imputer une progéniture à Matswa et à faire porter à Élisée le manteau prophétique d’Élie.

20Cela n’empêche cependant pas un groupe de Balali d’inaugurer un culte de Matswa et de se draper d’un sac noir. Les « corbeaux », comme on finit par les appeler, portent ainsi le deuil de leur sauveur et commémorent dans la sobriété et l’austérité les martyrs de la résistance, les déportés morts en exil et les os brisés dans les charniers du Congo-Océan. Ils transforment irrémédiablement le combat politique de Matswa en une vision eschatologique arcboutée sur une tradition prophétique kongo toujours vivace au moment où naît le matswaniste. En 1945, le mouvement kimbanguiste bat son plein sur les deux rives du Congo. L’influence du prophète Simon-Pierre M’Padi, ancien disciple de Kimbangu, qui fonde en 1939 la « Mission des Noirs », lui redonne un second souffle dans la région du Pool. Persécuté par les autorités belges, M’Padi se réfugie du côté français. Il y fonde le kakisme et commence à promouvoir le culte conjoint de Kimbangu et de Matswa dans l’effervescence mystico-messianique qui anime le Pool aux lendemains de la guerre.

  • 30 Dominique M’Fouilou, Les corbeauxop. cit., p. 179.

21M’Fouilou évoque même une « crise d’abattement », une « position de défaite et d’inadaptation » qui renforce les « comportements contemplatifs », éloigne les fidèles de l’action directe et les incite à « baigner dans une atmosphère traversée de grands courants spirituels contre lesquels certains se raidissent, tandis que d’autres se laissent porter30. » La prière, progressivement, remplace l’engagement, la croyance se substitue à la volonté ; on met une sourdine aux discours politiques pour laisser libre cours aux cantiques que l’on entonne désormais dans les messes secrètes célébrant Matswa.

  • 31 Ibid.

La mystique se développa, écrit encore M’Fouilou, puisant son inspiration dans la personne de Matsoua. La lutte politique devenait un déterminisme passif qui à son tour se dégradait en fatalisme. L’action revendicative se trouvait absorbée par cette mystique où progressivement les arguments et les métaphores se substituaient aux notions. La mystique religieuse faisait son apparition31.

  • 32 À l’origine, le culte de Matswa se tenait simplement en plein air, sous un manguier ou sur les berg (…)

22Le matswanisme devient une religion organisée. Des petits groupes de matswanistes entreprennent, dès 1946, un « chemin de croix » (nzila ya Mayama), de Brazzaville vers Mayama, sur les traces de leur sauveur. Des cantiques, des prières et autres rituels rythment le culte d’adoration qu’on voue à Matswa. Dans le « temple32 », muni d’un autel flanqué de part et d’autre de bouquets de fleurs, avec la fameuse photo de Matswa trônant au milieu, le prêtre matswaniste exhorte les fidèles à prier, à chanter, à invoquer Matswa.

– Ah, Père Matsoua ! tremblotait, dans un écho que la salle renvoyait aux oreilles des fidèles, la voix du prêtre. Souverain du Congo.

« Aide-nous dans notre lutte de tous les jours. Aide-nous pour que les hommes du monde comprennent nos luttes perpétuelles, lui répondirent les voix dans un écho sonore.

  • 33 Dominique M’Fouilou, Les corbeauxop. cit., p. 193.

« O, Père Matsoua, Dieu Tout Puissant, reprit la voix posée du prêtre, grave et persuasive. Sommes-nous donc sur cette terre du Congo des hommes en permission ?33… »

  • 34 Le commissaire de police Bacou Robert à Monsieur le directeur de la Sûreté, s.d., s.l. ; FR ANOM 51 (…)
  • 35 « Le mouvement matsouaniste : portée du problème », Brazzaville, le 22 février 1949 ; FR ANOM 51 MI (…)

23Le premier à s’autoproclamer prêtre de cette nouvelle religion est Fidèle N’Zoungou (né vers 1915) qui, non content de s’affubler du titre de « Grand Prêtre », se déclare également « Monseigneur ». On le surveille et le décrit dans les rapports de police comme un « illuminé qui semble loin d’être inoffensif. Il paraît de santé délicate et serait selon certains syphilitique et épileptique. Il assure avoir des visions au cours desquelles il s’entretient avec MATSOUA qui lui donne des directives34 ». Vivant à Bacongo, dans la même rue (Voltaire) que Thomas N’Kari, il exhibe à tout-va ses stigmates. Non, il n’a pas connu Matswa ; ni subi les affres de la déportation au Tchad comme lui. Mais il a été arrêté et condamné à plusieurs reprises pour outrage à l’administrateur-maire de Brazzaville et au chef du quartier Bacongo puis, en 1947, pour menées matswanistes35. Cela lui suffit pour s’auréoler du voile de martyr et se couvrir des cendres d’affliction comme il sied tant aux matswanistes. Perché plus haut que les autres corbeaux, N’Zoungou encourage ses fidèles à se montrer inflexible à l’égard de l’administration : vote pour les os, refus de payer l’impôt, refus de se faire établir une carte d’identité et de reconnaître l’autorité des chefs qui collaborent avec l’administration.

  • 36 Télégramme-lettre, chef district Mayama à chef région Pool, Mayama, le 29 juin 1947 ; FR ANOM 51 MI (…)

24À Poto-Poto, l’autre Brazzaville noire, Prosper Koussakana fait office de « Grand Prêtre » (il est aussi surnommé « l’Évêque »). On lui attribue des pouvoirs thaumaturgiques qui magnifient son aura. Il n’a que 23 ans en 1947, mais exerce un véritable magistère sur les foules. Le jeudi 26 juin 1947, il mène un groupe d’une dizaine de pèlerins matswanistes, dont une femme (Yvonne Mambaya), sur un chemin de croix retraçant le calvaire de Matswa. Sans pièces d’identité, ni de laissez-passer, encore moins de permission écrite, ils sont appréhendés à Mayama pour « vagabondage et atteinte à la tranquillité publique36 ». Il organise de grandes messes matswanistes à Poto-Poto. Dans la nuit du 19 au 20 février 1948, vers minuit, des centaines de personnes se réunissent à la « Chapelle », défilent avec des bougies, une grande croix portée par six personnes, une grande photo de Matswa, tandis que Koussakana officie.

  • 37 Sylvain Makosso-Makosso, « Le Mouvement religieux congolais. De 1921 à nos jours : contribution à l (…)

On ne peut manquer de noter les similarités du matswanisme « primitif », avant sa dérive ésotérique et mystique, avec le culte catholique auquel il emprunte sans vergogne. Bien qu’il se démarque du rituel catholique sur le plan liturgique, comme le remarque l’historien congolais Sylvain Makosso-Makosso, le matswanisme « primitif » fait preuve d’un syncrétisme déroutant. Outre les éléments cultuels catholiques (autel, processions, bougies, coupes, etc.) il s’approprie également certains symboles du gaullisme, notamment la croix de Lorraine et le « V » de la victoire37.

  • 38 Woungly-Massaga, La révolution au Congo : contribution à l’étude des problèmes politiques d’Afrique (…)

25Aujourd’hui, le culte de Matswa demeure vivace et visible à Brazzaville et dans le Pool, témoignant ainsi des métamorphoses inattendues qui ont ancré la figure de Matswa dans l’imaginaire des Congolais. Comme le note non sans clairvoyance un militant camerounais de l’Union des populations du Cameroun (UPC), l’attentisme, pierre angulaire du matswanisme, expose une contradiction fondamentale que l’on a maintes fois soulignée dans cette étude biographique : les adeptes du matswanisme se proclament apolitiques ou, plutôt, désertent l’arène proprement politique « alors que la lutte et le sacrifice de Matsoua se situèrent essentiellement et même exclusivement sur le plan politique38 ».

NOTES

1 Troupes de l’A-EF – Cameroun, état-major – 2e bureau, renseignement confidentiel, Brazzaville, le 12 juin 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

2 Cette conviction du retour prochain de Matswa est si ancrée dans les esprits des matswanistes les plus fervents que ceux qui ne croient ni à son évasion ni à son retour s’exposent à des représailles parfois violentes, voir Etanislas Ngodi, Résistances à la pénétrationop. cit., p. 284.

3 Florence Bernault, « Archaïsme colonial », art. cité, p. 43.

4 Wamba Blaise à Monsieur le Haut-commissaire, gouverneur général de l’A-EF, Monsieur Cornut Gentil, Brazzaville, le 12 février 1948 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

5 Pièce no 8, Discours de Massamba Edouard, Brazzaville, le 24 octobre 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

6 Abel Kouvouama, « Les énoncés du croire dans les messianismes en Afrique », rue Descartes 36, 2002/2, p. 154.

7 Considéré comme le premier, dans la longue lignée des prophètes kongo, Francisco Kassola commence son ministère en 1632 et arrache l’admiration des missionnaires portugais grâce à ses pouvoirs thaumaturgiques et ses dons de guérison. Ces derniers se tournent cependant contre lui lorsqu’il manifeste son désir et sa détermination d’entamer l’africanisation du catholicisme au royaume Kongo et promet à ses fidèles l’avènement d’un nouvel âge d’or. Persécuté par les Portugais, il réussit à s’échapper et ne reparaîtra plus. Cette disparition mystérieuse et inopinée donne naissance au premier messianisme kongo.

8 Abel Kouvouama, « Les énoncés du croire », art. cité, p. 163.

9 Autant Kimpa Vita a acquis une certaine notoriété historique et fait l’objet de plusieurs études, autant Mafuta Fumaria, dont le mouvement pave pourtant la voie au courant religieux des Antoniens, demeure obscure. Nganga marinda, c’est-à-dire prêtresse d’une société secrète initiatique kongo, elle se convertit au catholicisme et commence un ministère controversé. Elle dénonce les nkisi et considère la Bible comme un puissant nkisi aux mains des mindele (Blancs). En 1703, elle livre à ses disciples, dont Kimpa Vita, une vision reçue de Marie selon laquelle Marie elle-même, Jésus ainsi que les saints seraient tous Noirs. Réalisant la menace que son mouvement constitue, non seulement pour l’orthodoxie catholique mais également pour la stabilité politique du royaume Kongo, Pedro IV et ses conseillers portugais la déclarent hérétique. Elle meurt l’année suivante ; voir Godefroid Muzalia Kihangu, Bundu Dia Kongo.Une résurgence des messianismes et de l’alliance des Bakongo, thèse en sciences politiques, Universiteit Gent, 2011, p. 99.

10 Voir Didier Gondola, « Kimbanguisme et matsouanisme : traitement colonial et survivances post-coloniales », Groupe Afrique noire, 14-15, 1993, p. 151-168.

11 Martial Sinda, Le messianisme congolaisop. cit., p. 297. En témoigne, la petite étude d’Emmanuel Nkemi et Vincent Loumouamou, Comprendre Kimbangou et Matsouaop. cit.

12 Tract dactylographié par un clerc employé à l’état-major de l’Aiglon (traduit du lari) ; FR ANOM 51 MIOM 145.

13 Le chef du département du Pool à Monsieur le gouverneur général, chargé de l’administration du territoire du Moyen-Congo, Brazzaville, le 24 novembre 1945 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

14 Procès-Verbal d’audition de Malanda Prosper et Malanda Dagobert, Brazzaville, le 11 octobre 1945 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

15 Bulletin mensuel de renseignements politiques, Exécution prescriptions circulaire, nº 100 du 26 juin 1945 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

16 Projet confidentiel du gouverneur général de l’A-EF adressé à Monsieur le ministre de la France d’outre-mer, Brazzaville, le 16 février 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

17 De l’aveu même du gouverneur général Bayardelle, aveu ironique s’il en est, qu’il confie à son subordonné tandis qu’une répression aveugle et sourde bat son plein à Brazzaville et au Pool : « nous n’avons pas toujours apporté à la solution du problème Balari les solutions sociales, économiques et politiques les plus nécessaires et les plus opportunes », gouverneur général chargé de l’administration du territoire du Moyen-Congo à Monsieur le chef du département du Pool [secret], Brazzaville, le 8 mai 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

18 Dictée par la hantise d’une confluence entre l’amicalisme et le matswanisme, la décision du gouverneur général de surseoir au rapatriement des meneurs, condamnés en 1940, et ayant purgé leur peine de résidence obligatoire au Tchad ou en Oubangui-Chari, sème la désolation au Pool. Un décret prolonge la peine de plusieurs déportés politiques jusqu’en 1948. Pour leur faire avaler cette pilule amère, on leur attribue une allocation mensuelle de 500 francs pour qu’ils subviennent à leurs besoins ; gouvernement général de l’A-EF, note pour Monsieur le directeur des Affaires politiques, Brazzaville, le 15 janvier 1945 ; FR ANOM 51 MIOM 146. On mesure à peine le désarroi des familles frappées par cette mesure. Ainsi la veuve Loumpountou dont le fils aîné, Michel Bassoumba, se trouve à Bangui, demande en vain son rapatriement à Brazzaville : « Mon fils m’avait quitté depuis 1941 en affectation en Oubangui-Chari, jusqu’à présent, il compte un séjour de sept ans environ à Bangui. […] Sa présence est nécessaire pour moi sa vieille maman qui souffre régulièrement de maladie continuelle sans soutien. Je suis souvent en mauvaise santé. Je suis mère de cinq enfants vivants dont les quatre autres sans profession. […] Je vis misérablement, mon mari a été décédé en 1945, personne à me nourrir, ainsi que mes enfants » ; Madame veuve Loumpoutou à Monsieur le gouverneur général de l’A-EF, Brazzaville, le 8 septembre 1947 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

19 Le gouverneur du Moyen-Congo à M. le chef du département du Pool [confidentiel], Brazzaville, le 24 avril 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

20 [Le gouverneur général] chargé de l’administration du territoire du Moyen-Congo à Monsieur le chef du département du Pool [secret], Brazzaville, le 8 mai 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

21 Le chef du département du Pool à Monsieur le gouverneur général, chargé de l’administration du territoire du Moyen-Congo, Brazzaville, le 24 novembre 1945 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

22 Arrêté fixant les conditions d’application d’interdiction de séjour prononcée contre le nommé N’KARI Thomas, Brazzaville, le 17 décembre 1945 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

23 Mavounia Marcel à Monsieur le gouverneur général de l’A-EF, Brazzaville, le 6 août 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

24 Voir Abel Kouvouama, « Du devenir du matsouanisme dans le Congo contemporain », dans M.-E. Gruenais, A. Kouvouama et J. Tonda, Prophètes, prophéties et mouvements religieux dans le Congo contemporain, Paris, ORSTOM, 1992, p. 64.

25 Audience publique du tribunal indigène de second degré du département du Pool, tenue en matière répressive directe, Brazzaville, les 28 et 29 mai 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

26 Projet confidentiel du gouverneur général de l’A-EF adressé à Monsieur le ministre de la France d’outre-mer, Brazzaville, le 16 février 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 145.

27 De nombreuses prophéties circulent ainsi, dont la plus répandue fixe la date du départ des Blancs. Ainsi, Timothée Samba, l’ancien chef de la station de Kibossi et amicaliste convaincu, prophétise à plusieurs reprises en 1945 que les Blancs quitteraient l’Afrique en janvier 1947 ; département du Pool, bulletin mensuel de renseignements politiques [confidentiel], juillet 1946 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

28 Renseignement « Matsoua », Brazzaville, le 3 mars 1948 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

29 Selon Sinda, citant Fulbert Youlou, la rivalité entre Kinzonzi et Mahuku pour le contrôle du mouvement pousse le premier à dénoncer l’autre. Évincé et vexé, Mahuku « vend la mèche » aux autorités coloniales en leur fournissant une masse d’information sur l’Amicale ; Martial Sinda, Le messianisme congolaisop. cit., p. 221.

30 Dominique M’Fouilou, Les corbeauxop. cit., p. 179.

31 Ibid.

32 À l’origine, le culte de Matswa se tenait simplement en plein air, sous un manguier ou sur les berges du fleuve Congo, généralement la nuit. On sait que dans le quartier Bacongo, les cérémonies, sous la houlette de Fidèle N’Zoungou, se déroulaient devant une vieille affiche datant de la guerre et représentant Jésus en croix lapidé de balles par les Allemands. Dans une sorte de processus de « détournement », abondamment illustré dans l’œuvre de Guy Debord, cette affiche de propagande de la France libre devint une bannière de ralliement pour les matswanistes, le christ crucifié n’étant nul autre que Matswa martyrisé sous la mitraille coloniale.

33 Dominique M’Fouilou, Les corbeauxop. cit., p. 193.

34 Le commissaire de police Bacou Robert à Monsieur le directeur de la Sûreté, s.d., s.l. ; FR ANOM 51 MIOM 146.

35 « Le mouvement matsouaniste : portée du problème », Brazzaville, le 22 février 1949 ; FR ANOM 51 MIOM 146. Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 1947, N’Zoungou et un groupe d’une trentaine de fidèles, y compris trois écoliers de 12 à 14 ans, sont surpris par une patrouille de police, sur les berges du Congo, en plein milieu d’une prière « à l’effet de faire revenir parmi nous André Grenard », reconnaît N’Zoungou lors de son interrogatoire. « Nous sommes sûrs qu’il n’est pas mort. On ne nous a pas montré ses restes mortels par conséquent il vit. Il se trouve en France et reviendra parmi nous, nous n’en connaissons pas le jour mais il reviendra nous en sommes certains. C’est notre dieu, nous croyons en lui. C’est lui qui a gagné la guerre, ce n’est pas un autre », gendarmerie nationale, procès-verbal, no 256, 1er avril 1947 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

36 Télégramme-lettre, chef district Mayama à chef région Pool, Mayama, le 29 juin 1947 ; FR ANOM 51 MIOM 146.

37 Sylvain Makosso-Makosso, « Le Mouvement religieux congolais. De 1921 à nos jours : contribution à l’étude des formes de résistance et formes de nationalisme », Présence africaine, Nouvelle série, 94, 2e trimestre 1975, p. 217.

38 Woungly-Massaga, La révolution au Congo : contribution à l’étude des problèmes politiques d’Afrique centrale, Paris, Maspero, 1974, p. 116.

© Éditions de la Sorbonne, 2021

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REHABILITATION ET ACTUALISATION DE LA PENSÉE DE MATSOUA.

De nos jours la pensée de MATSOUA , est totalement dévoyée , travestie , triturée par des pseudos-Matsouanistes qui se résument juste à lui consacrer un culte ainsi que par les gouvernants dépourvus de culture historique politique du Congo.

Cet homme qui a été divinisé par son humanisme et par la voie de Tata Fidèle NZOUNGOU , qui est à l’origine de la création du Matsouanisme, un personnage que les Matsouanistes , post-colonie n’honorent pas et mettent volontairement dans les oubliettes de l’histoire.

Il sied de rappeler aussi que la pensée Matsouaniste , n’était pas sectaire , elle rassemblait tous les congolais à titre d’exemple : on peut citer des intellectuels de la partie septentrionale   qui y ont adhéré comme :

Jacques QPANGO, , Jean Charles KIBA, Emmanuel DADET, Moïse ECKOMBAD, Jacques MONEKOLO et Pamphile ADADA et j en passe.

Le Matsouanisme , ne doit pas continuer à se diluer dans le NGOUZÏSME , Car c’est une doctrine qui découle des enseignements et des actions de MATSOUA , dans l’espace et le temps pour ainsi dire un concept globalisant , dans lequel l’homme, MATSOUA , garde toute son actualité.

La pérennisation et la vulgarisation de l’œuvre grandiose de MATSOUA , doit éclairer les congolais de notre époque , si réellement l’histoire est le fondement de l’avenir.

Aussi comprendre et évaluer les mutations, c’est à dire les différentes formes que prend le combat de MATSOUA , s’avère ici nécessaire pour barrer la route aux pseudos-MATSOUANISTES , qui en ont fait leur fond de commerce.

Tout cela devrait faire réfléchir tout un chacun afin de réhabiliter l’esprit de ce personnage hors du commun et sa pensée.

Armand MANDZIONO.

 

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L’ARNAQUE DES PSEUDOS- MATSOUANISTES.

De nos jours le Matsouanisme est quasiment dévoyé et ne représente même  plus les substrats universalistes du combat de Matsoua qui sont l’entraide ,la culture,  l’esprit et l’unité  corroborant à une action politique qui ,  fixe un rapport à l’homme principalement et non  » aux matériels exclusivement »

Aux valeurs de solidarité et de fraternité , aux vertus de la non -violence et de la dignité humaine or, nos nous  relevons de nos jours que .

Les pseudos matsouanistes , sont plus dans le culte des ancêtres se dérobant sciemment  de la véritable  mission première que Matsoua s’était assigné  qui est la bienfaisance des opprimés cela est une véritable humiliation à l’encontre de cet emblématique personnage dont la résistance continu à traverser de générations en générations.

Une nouvelle forme de lutte , une nouvelle vision du Matsouanisme , une nouvelle énergie s’impose face à cette nouvelle méchanceté féroce qui opprime et maintien le peuple congolais dans la servitude coloniale institutionnalisée par des dirigeants aux masques blancs et peaux noires.

Nous tenons ici  à rappeler aux pseudos -Matsouanistes ,  que les revendications de MATSOUA , étaient claires comme l’eau de source  à l’administration coloniale  , ce qui  ne devraient pas  changer d’un iota :

 » C’est ainsi que le 1 er janvier 1938 , les Amicalistes réunis sur initiative d’André Grenard MATSOUA  , dans la nuit d 31 décembre 1937 au 1er janvier 1938 dans la forêt de Buokonzo-Boua-Lami , décident de soumettre leurs revendication au pouvoir colonial à Brazzaville, à savoir:

  • droit de Lhomme ;
  • sauvegarde de leurs richesses;
  • accès à tous les emplois et se commander soi-même;
  • délimitation d’une zone de terrain où les Amicalistes seront libres et indépendants chez eux. »
  • Qu’en est- il pour les Matsouanistes d’ aujourd’hui  ?
  • Ne sommes-nous pas dans un cas des profito-
  • situationnistes ?
  • Armand MANDZIONO .
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RAYMOND ZEPHIRIN MBOULOU ET L’ AVEU DU SIECLE.

 

En effet , c’est en visionnant ces deux  vidéos ci- dessus que, l’on comprend mieux qu’au Congo depuis le retour au pouvoir de SASSOU-NGUESSO , et sa clique de barbares que , ce dernier n’a jamais été élu ou gagner une élection quelle qu’en soit la nature.

Le ministre Raymond Zéphirin MBOULOU , viens de livrer au monde  la face cachée de l’iceberg . Lors de sa première sortie médiatique de 2023, devant un parterre des chefs de quartier en tenant un discours sur les méandres de la milice populaire ,  en clair du  monopartisme.

Pour cela , tenons à lui rappeler qu’il est  serviteur du peuple congolais et ce dernier n’a pas être son  esclave.

Face à la situation des bébés noirs dont il n’ignore pas le patron  , s’il est incapable de trouver la bonne solution ,  nous lui proposons de céder sa place au Général NDENGET.

En revanche , le contenu de la première vidéo ci-dessus  est une preuve tangible à 95% que les populations brazzavilloises ,   n’ont pas de cartes d’identités, ce qui permet  au sage Korobo Matsouaniste  de Bretagne , de conclure que , lors des élections présidentielles, les populations  se font enrôler avec des faux actes de naissances pour faciliter les fraudes électorales qui permettent de faire gagner l’agitateur national et international qui n’a jamais gagné une élection de sa vie si  ce n’est pas régler tout au bout du fusil.

Monsieur , le ministre les larmes qui coulent sont amères, mais plus amères celles qui ne coulent pas.

Allons seulement !

Armand Mandziono.

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PROFIL PSYCHOLOGIQUE DU POLITIQUE DE LA DIASPORA .

Des que tu prends la décision de  participer au débat politique dans la diaspora , dis toi d’avance, que je vais rencontrer ,  des personnes sans discrétion , sans retenues dans les relations sociales , sans jugement,  marquées d’une bassesse d’esprit qui leur colle à la peau , qui manifestent un manque de respect injurieux , des barbares insolents et cruels dans leurs pseudos-victoires.

Personnes sournoises et hypocrites qui feignent l’honnêteté , qui éprouvent l’envie , s’affligent de la réussite du bonheur et du mérite d’autrui et enfin qui ne se soucient que de leurs  intérêts d’où ils s’entrenuisent .pour plaire et remplir leurs puisards et fosses sceptiques .

Ce sont des personnes qui ne savent pas ce qu’ils veulent, qui ne lisent pas l’avenir en face d’eux, qui n’ont aucun courage ,  ni l’énergie de faire ce qu’ils veulent, bien  pire ils sont sans  idéologie politique donc  sans repère.

Chers compatriotes ,

ceux qui vivent sont ceux qui luttent  et ,  non  ceux qui s’entrenuisent , qui assistent la société sans décrier les dérives des gouvernants véreux  .

Les cœurs troublés par les souvenirs  n’ont pas de place pour l’espérance.

C’est pour cela que le vieux sage Korobo Matsouaniste ,  dit  celui qui confesse son ignorance la montre une fois ; celui qui essai de la cacher la montre plusieurs fois.

Armand MANDZIONO , le foulosophe.

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DIASPORA ENTRE S’ENTRENUIRE ET COMBATTRE .

Il n’existe pas d’autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle  dit l’observateur avisé ,  les défauts sont semblables à une colline, vous escaladez la vôtre et vous ne voyez que ceux des autres renchérit le vieux sage Korobo Matsouaniste.

Cela fait déjà une éternité  que ça dure , chacun fait ce que bon lui semble dans cette diaspora et le résultat reste le même c’est – à- dire  nul .

En ce début d’ année on constate ,  que seul l’année qui a changé mais pas  les hommes.

L’imbroglio entre s’entrenuire et combattre le régime dictatorial de Brazzaville persiste et continu son bonhomme de chemin .

Décidément, ce pouvoir  est   déterminé  de divertir le peuple congolais ,en utilisant quelques légumes de la diaspora pour son agitation internationale et cette dernière  ne tire aucune leçon du passé.

Sinon comment comprendre que le journaliste engagé Memy Collard , puisse faire de la rétention d’information dans son émission  intitulé  Diaspogate , en protégeant ses sources et faire planer le doute , l’on dira que c’est du déjà  vu.

Au lieu de se focaliser sur les informations cousues de fil blanc  , la diaspora ferait mieux  de prendre à bras le corps  , les propositions du vaillant politique Guy Mafimba Motoki , dans son allocution de fin d’année , afin d’y réfléchir et d’y  apporter sa contribution ,  en lieu et place des sempiternelles distractions sur la place de Paris.

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VOEUX 2023. Message de Guy MAFIMBA MOTOKI Représentant de la FOC; Rep. Personnel de A Okombi Salissa – YouTube

Le Congo,  a besoin des  idées ,  pour avoir les idées,  il faut des hommes qui réfléchissent , pas des animateurs de la pagaille, pire ceux qui font des analyses dans les salons sur le train de vie du clan au pouvoir, en attendant la mort prochaine de Denis Sassou-Nguesso.

Armand MANDZIONO.

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OPPOSITION CONGOLAISE DIVERSION ET USURPATION (AFFAIRE KOUNDOU .)

 

Quelqu’un m’a dit qu’un fou est un fervent du désordre. Le désordre est créateur.

Un fou est comme qui dirait un chien de garde même si l’expression est un peu triviale.

Je veux juste dire qu’un fou dit toujours la vérité et sait défendre ses droits.

c’est ce à quoi le foulosophe va essayer de faire  pour décrier la diversion criarde des opposants assistés et des braillards de la diaspora , tous ensemble formant une opposition qualifiée de plus idiote au monde.

Mais de quoi s’agit-il en réalité  comme dirait monsieur tout le monde qui n’est pas sous contrôle dans la diaspora?

En effet , il s’agit de l’affaire Guy Mafimba contre Clement Mierassa, respectivement repressentant, France -Europe et coordonnateur national IDC-Frocad -CJ3  , sans chercher à explorer la forme et le style emprunté par les protagonistes dans leurs échanges  , qui d’ailleurs ont été émaillé de certains écarts de langage .

un fait paraît surprenant c’est  le silence observé de part et d’autre , surtout du coté de la diaspora qui n’a  pipé aucun mot , alors qu’en scrutant  cette affaire au- de- là de ce qu’ on peut reprocher à Monsieur Guy Mafimba.Il faut relever la pertinence de sa prise de position.

N’a-t-il n’a pas eu raison d’intercepter l’attitude peu cavalière de Brazzaville , dans la démarche entreprise pour  résoudre les difficultés qui entravent l’épanouissement des tendances nouvelles émergentes de la résistance dans son ensemble . ces dysfonctionnement font l’objet de toutes formes de spéculation au point de donner l’impression que ce cartel de Brazzaville ,  servirait de digue pour le pouvoir contre l’éveil en ébullition  de la conscience des congolais de l’extérieur

Curieusement , ce sont les médias proche du  pouvoir( Le Troubadour) qui en ont fait échos en  décrédibilisant, le fervent politique Guy Motoki Mafimba ,ce vaillant résistant  dont le patriotisme n’est plus à démontrer, et qui s’expose pour faire entendre   la cause du peuple opprimé congolais sur le plan international.

 Au regard ,  de ce que nous vivons, il est temps que nous prenons nos responsabilités pour que nous puissions libérer notre cher et beau pays des mains des charognards , ethnocentriques et revanchards,  qui ont fait de la politique un avé maria de  l’opposition vers la mouvence présidentielle et vice versa.

Si le mérite de tout savoir  pour exister, c’est le partage alors , je mets à votre disposition cette réflexion, en   vous invitant  de soutenir  Guy,  Mafimba Motoki  , dans son œuvre de renouveau de l’opposition congolaise car son goût de gueule à bien fendu le plafond de verre de celle-ci.

Ensemble galvanisons-nous

Le foulosophe .

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LIBEREZ LE GENERAL NORBERT DABIRA.

QUE LE JUGE D’APPLICATION DE PEINE ET LE PROCUREUR FASSENT LEUR JOB, S’ILS NE SONT PAS DES MARIONNETTES DU POUVOIR EXECUTIF .

POUQUOI SES AVOCATS ,LES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME, ,LES LANCEURS D’ALERTES   AINSI QUE LA DIASPORA DANS SON ENSEMBLE  RESTENT  SILENCIEUX SUR CETTE VIOLATION DE LARTICLE  168 ?

EXIGEZ LA LIBERATION D’UN PREVENU QUI A PURGE SA PEINE N’EST PAS UN PECHE DE LESE MAJESTE ALORS OU SONT PASSES LES PURISTES DU DROIT ?

YA LUBU

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LIBERATION DU GENERAL DABIRA , L’ETAT DE DROIT EST-IL EN DIFFICULTE AU CONGO ?

Au regard de l’article ci-dessous, nous pouvons affirmer que dans les faits le pouvoir judiciaire est soumis au pouvoir exécutif au Congo Brazzaville.

Le général Dabira a purgé toute sa peine, il doit être impérativement libérer et le plutôt possible.
Article 168:

Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Le pouvoir judiciaire statue sur les litiges nés entre les citoyens ou entre les citoyens et l’Etat. Les juges ne sont pas soumis, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’à l’autorité de la loi.

Le juge d’application de peine  et le procureur, où sont-ils ?

YA LUBU.

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LE GENERAL DABIRA EST- IL VICTIME DE L’ETAT DE DROIT ?

Où  est passé l’avocat et neveu  Jean Philippe ESSAU  du général Norbert  DABIRA  , pour édifier l’opinion nationale et internationale sur la libération imminente  de son oncle et client, qui a légalement purgé sa peine de prison .

YA LUBU

 

 

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